L’erreur du licenciement pour faute grave
Depuis l’évolution récente de la rupture conventionnelle à savoir que dorénavant
- les entreprises sont soumises à un forfait social de 40 %
- et les salariés voient leur temps d’indemnisation à Pôle emploi réduit à 15 mois,
nous pouvons considérer que la rupture conventionnelle est morte.
Nous n’avons depuis 4 mois géré au sein du Cabinet, aucune négociation dans le cadre d’une rupture conventionnelle.
Dans ce mal bien français, les gouvernants ont tué ce qui fonctionnait bien et permettait de fluidifier le marché de travail.
Ce que l’on voit maintenant c’est la multiplication de licenciements pour faute grave de la part des entreprises en allant sur n’importe quel motif fut il fallacieux ou inventé.
L’objectif de l’entreprise est à la fois de réduire ses coûts en terme de charges sociales (pas de preavis …. Pas de charges sociales), mais surtout donner un coup tellement fort au dirigeant qu’il finirait par accepter la moindre négociation à bas prix. Certains dirigeants finissent même parfois à faire un « syndrome de Stockholm » en se demandant si finalement l’entreprise n’a pas eu raison.
La grosse erreur des entreprises en procédant de la sorte est que certains dirigeants ont compris que ce n’était qu’une manœuvre financière pour une négociation à bas prix.
Du coup, ils développent chez eux une sorte de double motivation au combat car la violence d’un licenciement pour faute grave est sans égal dans le cas d’une démarche de séparation.
Je me retrouve donc avec des dirigeants qui ont une motivation au combat et à la négociation bien supérieure à ce qui se passait auparavant.
Au delà de l’aspect financier, il est question pour eux de rétablir le honneur et leur dignité professionnelle.
Ce qui est assez surprenant également, c’est que ces dirigeant n’ont absolument aucune intention d’aller dans un quelconque contentieux ou procès. Ils veulent « régler leurs comptes », avec leur entreprise par la voie de la négociation.
Autrement dit, il est assez intéressant de notre point de vue de constater que la mode des licenciements pour faute grave génère plus d’effets négatifs pour l’entreprise qu’elle ne le pense initialement.
Thierry Krief – fondateur du cabinet NegoAndCo
